Au XVIIIe siècle
« Sous le règne des Peshwas dans le pays marathe, l'intouchable n'était pas autorisé à emprunter les voies publiques si un Hindou arrivait, de peur qu'il ne pollue l'Hindou par son ombre. L'intouchable devait porter un fil noir au poignet ou autour du cou, comme un signe ou une marque pour éviter que les Hindous ne soient pollués par son contact par erreur. À Poona, la capitale des Peshwas, l'Intouchable devait porter, attaché à sa taille, un balai pour balayer derrière lui la poussière sur laquelle il marchait, de peur qu'un Hindou marchant sur la même poussière ne soit pollué. À Poona, l'intouchable était tenu de porter un pot en terre suspendu à son cou, où qu'il aille, pour contenir sa salive, de peur que sa salive tombant sur la terre ne pollue un Hindou qui la foulerait à son insu. »
Dans les années 1930
« Prenons des faits plus récents. La tyrannie exercée par les Hindous sur les Balais ou Balahi, une communauté intouchable du centre de l'Inde, servira mon propos. Vous trouverez un rapport à ce sujet dans le Times of India du 4 janvier 1928. Le correspondant du Times of India rapporte que des hindous de haute caste - c'est-à-dire des Kalotas, des Rajputs et des Brahmanes, y compris les Patels et les Patwaris des villages de Kanaria, Bicholi-Hafsi, Bicholi-Mardana et d'environ 15 autres villages de l'État d'Indore - ont informé les Balais de leurs villages respectifs que s'ils souhaitaient vivre parmi eux, ils devaient se conformer aux règles suivantes :
1. Les Balais ne doivent pas porter de turbans (pugrees) bordés de laque d'or.
2. Ils ne doivent pas porter de pagnes (dhotis) avec des bordures colorées ou fantaisistes.
3. Ils doivent transmettre l’information de la mort d'un Hindou aux parents du défunt, quelle que soit la distance à parcourir.
4. Dans tous les mariages hindous, les balais doivent jouer de la musique avant les processions et pendant le mariage.
5. Les femmes d’un Balai ne doivent pas porter d'ornements en or ou en argent ; elles ne doivent pas porter de robes ou de vestes de fantaisie.
6. Les femmes d’un Balai doivent assister à tous les cas d'accouchement des femmes hindoues.
Les Balai refusèrent d'obtempérer et les Hindous passèrent aux actes : Les Balais ne furent plus autorisés à s'approvisionner en eau aux puits du village ; ils ne furent plus autorisés à laisser paître leur bétail. Il fut interdit aux Balais de traverser les terres appartenant à un Hindou, de sorte que si le champ d'un Balai était entouré de champs appartenant à des Hindous, le Balai ne pouvait pas avoir accès à son propre champ. Les hindous laissèrent également leur bétail paître dans les champs des Balais. Les Balais présentèrent des pétitions à la cour d'Indore contre ces persécutions ; mais comme ils ne purent obtenir aucun secours en temps utile et que l'oppression continua, des centaines de Balais avec leurs femmes et leurs enfants furent obligés d'abandonner leurs maisons dans lesquelles leurs ancêtres avaient vécu pendant des générations et d'émigrer dans les États voisins.
En 1936, alors que le gouvernement de la province de Bombay oblige les écoles à accueillir les élèves intouchables, les Hindous de Kavitha, dans le Gujarat ont ordonné aux Intouchables de ne pas insister pour envoyer leurs enfants à l'école commune du village gérée par le gouvernement. Les souffrances que les intouchables de Kavitha ont dû subir pour avoir osé exercer un droit civique contre la volonté des hindous sont trop connues pour qu'il soit nécessaire de les décrire en détail.
Un autre cas s'est produit dans le village de Zanu, dans le district d'Ahmedabad au Gujarat. En novembre 1935, des femmes intouchables de familles aisées ont commencé à aller chercher de l'eau dans des pots en métal. Les Hindous ont considéré l'utilisation de pots en métal par les intouchables comme un affront à leur dignité et ont agressé les femmes intouchables pour leur impudence …